Ce que la spécialité détermine, et ce qu'elle ne détermine pas. Elle fixe la matière du dossier de ton unique épreuve de spécialité : la note de synthèse à l'externe, le rapport avec propositions à l'interne et au troisième concours. Elle ne change rien à la composition de culture territoriale, commune à toutes les spécialités, ni à l'entretien. Et elle ne détermine pas ton poste : on peut être reçu en sanitaire et social et faire carrière ailleurs.
Les 4 sujets réellement tombés dans cette spécialité
| Épreuve et session | La commande officielle |
|---|---|
| Note, externe, 2020 | « une note sur la prise en compte de la santé mentale par les communes en milieu urbain » |
| Note, externe, 2022 | « une note sur les collectivités territoriales et la lutte contre la pauvreté » |
| Rapport, interne, 2022 | « un rapport sur le soutien à l'autonomie des personnes âgées », dans le cadre du schéma départemental |
| Composition, externe, 2020 | « Quel rôle les collectivités peuvent-elles jouer en faveur de la santé des habitants ? » |
Trois enseignements immédiats. D'abord, la santé revient deux fois alors qu'elle n'est pas une compétence obligatoire des collectivités : c'est précisément la tension du sujet. Ensuite, les commandes situent toujours le candidat dans une collectivité de taille donnée : une ville de 35 000 habitants, un département de 850 000, et une proposition qui ignore cette échelle passe pour hors-sol. Enfin, aucun sujet ne porte sur un dispositif isolé : tous demandent d'articuler des acteurs.
Les quatre sujets sont consultables en entier, avec le PDF du centre de gestion organisateur, sur la page des annales.
Qui fait quoi dans les solidarités : le tableau qu'il faut savoir refaire
C'est le socle de la spécialité, et c'est ce qui manque le plus souvent aux candidats venus d'un autre domaine. Sans cette carte, impossible de proposer quoi que ce soit de crédible.
| Acteur | Ce qu'il porte | Ce qu'il ne porte pas |
|---|---|---|
| Département | Chef de file de l'action sociale : autonomie (APA), protection de l'enfance (ASE), insertion (RSA), handicap via la MDPH | La santé, qui relève de l'État et de l'ARS |
| Commune et CCAS | L'analyse des besoins sociaux, l'aide facultative, la domiciliation, l'accompagnement de proximité | Les prestations légales, qui sont départementales |
| Intercommunalité | Habitat (PLH), politique de la ville, parfois un CIAS | L'action sociale individuelle |
| État et ARS | Politique de santé, autorisation et tarification des établissements, hébergement d'urgence | L'accompagnement social de proximité |
| Associations et bailleurs | La mise en œuvre concrète, souvent l'essentiel du terrain | La décision publique |
La leçon à retenir : dans cette spécialité, presque rien n'appartient entièrement à celui qui écrit la copie. Un sujet sur la santé mentale place une commune devant une compétence qu'elle n'a pas ; un sujet sur l'autonomie place un département devant des établissements qu'il ne tarife qu'en partie. C'est exactement là que se joue l'épreuve.
Les 7 domaines à tenir
- Protection sociale et sécurité sociale : l'architecture générale : qui finance quoi, et où s'arrête la compétence locale.
- Aide et action sociale des collectivités : le cœur du métier : le département chef de file, le CCAS, les compétences obligatoires et facultatives.
- Politiques de santé et système hospitalier : l'ARS, les contrats locaux de santé : ce que la commune peut faire sans détenir la compétence sanitaire.
- Autonomie, grand âge et dépendance : l'APA, les EHPAD, le maintien à domicile, le schéma départemental.
- Protection de l'enfance : l'ASE, l'information préoccupante, la contractualisation avec l'État.
- Handicap et inclusion : la MDPH, la scolarisation, l'accessibilité, l'emploi.
- Habitat, logement et lutte contre l'exclusion : le PLH, le logement d'abord, l'hébergement d'urgence, le lien avec l'urbanisme.
Sept domaines, c'est beaucoup ; mais ils ne pèsent pas le même poids. Les sujets tombés jusqu'ici relèvent des domaines 3, 4 et 7 : santé, autonomie, pauvreté et logement. Les domaines 5 et 6, protection de l'enfance et handicap, n'ont jamais été le cœur d'un sujet publié : à réviser, mais en second.
Ce que le jury attend d'un cadre A des solidarités
Pas un travailleur social, pas un juriste : un encadrant capable d'articuler des acteurs qui ne dépendent pas de lui. Dans cette spécialité plus qu'ailleurs, la compétence est partagée entre l'État, l'ARS, le département, la commune, le CCAS, les associations et les bailleurs. Le sujet type demande de faire tenir ensemble des acteurs qui n'ont ni la même tutelle ni le même budget.
C'est pour cela que les commandes emploient si souvent les mots « coordination », « accompagnement », « acteurs ». Une copie qui décrit parfaitement un dispositif mais ne dit jamais qui le porte, avec qui et sur quels crédits, rate la commande.
Les trois réflexes qui font la différence
- Nommer les acteurs, toujours : « le CCAS », « le service autonomie du département », « l'ARS », « le bailleur social ». Jamais « la collectivité » toute seule.
- Distinguer compétence et action. Une commune n'a pas la compétence santé : elle peut néanmoins agir par le contrat local de santé, l'aménagement, le logement, la prévention. Le dire explicitement montre qu'on maîtrise le cadre.
- Assumer le non-recours. Dans presque tous les dossiers sociaux, une part du public ne demande rien. Une copie qui pose cette question, et propose d'aller vers plutôt que d'attendre, se distingue immédiatement.
Des thèmes aux fiches : ce qu'il faut réviser
| Sujet tombé | Ce qu'il fallait savoir |
|---|---|
| Santé mentale en milieu urbain (2020) | Compétence santé de l'État et de l'ARS, contrat local de santé, conseil local de santé mentale, lien logement-santé |
| Lutte contre la pauvreté (2022) | RSA et département, CCAS et aide facultative, non-recours, domiciliation, contractualisation avec l'État |
| Soutien à l'autonomie (2022) | APA, schéma départemental, EHPAD et tarification, maintien à domicile, conférence des financeurs |
| Santé des habitants (composition, 2020) | Le même socle, mais mobilisé de mémoire et sans dossier : c'est ce qui rend la composition redoutable |
Le vocabulaire qui trahit une copie
Dans cette spécialité, le jury repère en trois lignes si le candidat connaît le terrain ou s'il paraphrase le dossier. Ce sont presque toujours les mêmes mots qui trahissent.
| À éviter | Ce que ça devient |
|---|---|
| « les personnes âgées » | « les personnes en perte d'autonomie », et selon le cas GIR 1-4 ou GIR 5-6 |
| « les aides sociales » | Distinguer prestations légales (département) et aide facultative (CCAS) |
| « la collectivité doit accompagner » | Nommer : le CCAS instruit, le département décide, l'association met en œuvre |
| « un partenariat avec l'hôpital » | Contrat local de santé, convention, communauté professionnelle territoriale de santé |
| « les gens ne connaissent pas leurs droits » | Le non-recours, et l'aller-vers comme réponse |
| « le handicap » | La MDPH, la compensation, l'accessibilité, l'inclusion scolaire : ce ne sont pas les mêmes politiques |
Ce n'est pas du jargon pour faire savant : chacun de ces mots correspond à un acteur, un financeur et une procédure différents. Employer le bon terme, c'est montrer qu'on sait qui paie et qui décide, exactement ce que le jury cherche.
Comment travailler cette spécialité, concrètement
- Commence par la carte des acteurs, pas par les dispositifs. Tant que tu ne sais pas dire en trois lignes qui fait quoi entre département, commune, CCAS et ARS, aucun dispositif ne se retiendra.
- Prends les quatre commandes ci-dessus et reformule-les en une phrase chacune, sans ouvrir le dossier. C'est l'exercice décrit sur note ou rapport, et il vaut ici plus qu'ailleurs : les sujets sociaux donnent envie de raconter, alors qu'ils demandent d'organiser.
- Constitue trois lignes d'actualité par domaine : un chiffre daté, un texte ou un dispositif récent, un cas concret de collectivité nommée. Les données sociales se périment vite.
- Traite un dossier complet par quinzaine, chronométré, et vérifie systématiquement que tes propositions nomment un acteur, un moyen et un délai.
Hésiter entre le sanitaire et social et une autre spécialité
C'est la spécialité qui attire le plus de candidats venus du travail social, de la santé ou du secteur associatif, et c'est légitime : leur expérience y vaut de l'or à l'oral. Deux points à peser avant de cocher la case.
- C'est la spécialité la plus fournie en sujets publiés (4 sur 18) : tu disposes de plus de matière d'entraînement que dans les autres. C'est un avantage réel.
- Mais elle est aussi la plus vaste : sept domaines, contre trois ou quatre ailleurs. Si tu prépares en trois mois, c'est un point à intégrer, quitte à assumer de laisser en second l'enfance et le handicap.
Si ton expérience est du côté de l'organisation et des données, regarde la spécialité analyste ; si elle est du côté des équipements et de la jeunesse, l'animation. Et si tu n'as d'attache nulle part, l'administration générale reste la plus transversale.
Les trois erreurs qui coûtent le plus
- Confondre compétence et action. Écrire qu'une commune « doit prendre en charge la santé mentale » est faux : elle n'en a pas la compétence. Écrire qu'elle peut agir par le contrat local de santé, le logement et la prévention est juste, et c'est la même idée, dite correctement.
- Proposer un dispositif sans son financeur. Dans cette spécialité, presque tout est cofinancé. Une mesure sans mention du département, de l'ARS, de la CAF ou de l'État reste une intention.
- Oublier les personnes qui ne demandent rien. Le non-recours est massif sur tous les dispositifs sociaux. Une copie qui construit un beau guichet sans se demander qui n'y viendra pas passe à côté de la moitié du sujet.
S'entraîner en sanitaire et social
Les quatre annales de la spécialité sont recensées avec leur commande et leur source : c'est ton matériau de base. Deux d'entre elles sont des notes d'externe, une un rapport d'interne, une une composition, soit exactement la variété dont tu as besoin quelle que soit ta voie.
Ajoute à cela la relecture des rapports de jury : les reproches y sont constants et portent presque toujours sur le même défaut dans cette spécialité, des copies généreuses en intentions, pauvres en acteurs et en financements.
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Questions fréquentes sur la spécialité sanitaire et social
Que détermine la spécialité sanitaire et social au concours ?
Elle fixe la matière du dossier de ton unique épreuve de spécialité : la note de synthèse pour le concours externe, le rapport avec propositions pour l'interne et le troisième concours. Elle ne change rien à la composition de culture territoriale, qui est commune à toutes les spécialités, ni à l'entretien avec le jury. Et elle ne détermine pas ton futur poste.
Est-ce la spécialité la plus facile ?
Elle est la plus servie, quatre sujets sur les dix-huit publiés en relèvent : ce qui donne davantage de matière d'entraînement. Mais elle est aussi la plus vaste : sept domaines à tenir, contre trois ou quatre dans les autres spécialités. Plus de sujets pour s'entraîner, plus de terrain à couvrir : ce n'est ni plus facile ni plus difficile, c'est différent.
Faut-il venir du travail social pour choisir cette spécialité ?
Non. Le jury n'attend pas un travailleur social mais un cadre A capable d'articuler des acteurs qui ne dépendent pas de lui : État, ARS, département, commune, CCAS, associations, bailleurs. Une expérience du secteur est un atout réel à l'oral, mais la compétence évaluée est une compétence de coordination et de décision, pas d'intervention.
Quels domaines réviser en priorité ?
Les sujets publiés jusqu'ici relèvent des politiques de santé, de l'autonomie et du grand âge, de la lutte contre la pauvreté et du logement. La protection de l'enfance et le handicap n'ont jamais été le cœur d'un sujet publié : à réviser, mais en second si le temps manque. Et avant tout cela, la carte des compétences : qui fait quoi entre département, commune, CCAS et ARS.
Pourquoi la santé revient-elle si souvent alors que ce n'est pas une compétence locale ?
Précisément pour cette raison. La santé relève de l'État et des agences régionales de santé, mais les collectivités agissent quand même : par les contrats locaux de santé, la prévention, le logement, l'aménagement, l'accès aux soins. Cette tension entre l'absence de compétence et la réalité de l'action est exactement ce que le jury demande de traiter.
Peut-on changer de spécialité d'une session à l'autre ?
Oui, le choix se fait à chaque inscription. En revanche il est définitif pour la session en cours : une fois le dossier déposé, la spécialité cochée détermine le dossier de ton épreuve écrite et ne peut plus être modifiée.
Quel vocabulaire faut-il employer dans une copie sanitaire et social ?
Celui qui désigne un acteur et un financeur précis. Écrire « les personnes en perte d'autonomie » plutôt que « les personnes âgées », distinguer les prestations légales du département de l'aide facultative du CCAS, nommer le non-recours plutôt que « les gens ne connaissent pas leurs droits ». Ce n'est pas du jargon : chacun de ces termes correspond à une procédure et à un budget différents, et les employer prouve qu'on sait qui paie et qui décide.
Le CCAS peut-il agir seul sur la santé ou l'autonomie ?
Non, et c'est précisément la tension des sujets. Le CCAS porte l'analyse des besoins sociaux, l'aide facultative, la domiciliation et l'accompagnement de proximité ; les prestations légales relèvent du département, chef de file de l'action sociale, et la santé relève de l'État et de l'agence régionale de santé. Une commune agit donc par des leviers indirects, contrat local de santé, logement, prévention, aménagement, et c'est ce que le jury attend de voir formulé.
Sources officielles
- Les quatre sujets cités sont publiés par les centres de gestion organisateurs et recensés, avec leur commande officielle et le lien vers le PDF d'origine, sur la page des annales.
- Décret n° 2009-756 du 22 juin 2009, épreuves du concours d'attaché territorial et liste des cinq spécialités : Légifrance
- Code de l'action sociale et des familles, compétences du département chef de file, missions des CCAS, action sociale facultative : Légifrance
- Code général des collectivités territoriales, analyse des besoins sociaux et compétences communales.
- Rapports de jury des centres de gestion, attentes du jury par épreuve, analysées sur cette page.
Les dispositifs sociaux et leurs financements évoluent d'une année à l'autre : les données chiffrées citées dans une copie doivent être datées et vérifiées à l'approche des épreuves. Le classement et l'analyse des sujets, eux, portent sur les annales officiellement publiées.